#1
Présentation de l'expédition Tara Arctic

Le voilier scientifique polaire Tara a commencé en septembre 2006, une dérive arctique qui durera un an et demi. La coque arrondie et plate de Tara lui permet en effet de résister aux pressions extrêmes exercées par la banquise et de se laisser porter par elle.

Tara a fêté le 3 septembre dernier, un an de dérive. Il a parcouru 3 400 kilomètres à la vitesse moyenne de 9,3 kilomètres par jour ce qui représente 1 400 kilomètres en ligne droite. En se basant sur cette moyenne, Tara sortirait en février à 80°Nord. Le courant s'accélérant à l'approche du détroit de Fram, entre le Groenland et l’archipel du Spitzberg, Tara devrait atteindra 80°Nord entre le 15 décembre et le 15 janvier prochain. L’opération de sortie des glaces risque d’être périlleuse.
Ce long voyage de Tara est passé à 160 kilomètres du Pôle Nord géographique par 88°32' Nord le 28 mai 2007. Tara est ainsi le navire prisonnier des glaces ayant atteint la position la plus au nord du monde.

L'expédition, dirigée par Etienne Bourgois, s'inscrit dans le cadre de l'Année Polaire Internationale (API) 2007-2009. Elle est un partenaire majeur du programme européen scientifique Damocles. Programme d’envergure qui réunit plus de 45 laboratoires développant un dispositif d’observation pérenne de la glace, mais aussi de l’océan sous-glaciaire (température, salinité, courants), de l’atmosphère, des flux d’énergie entre air, glace et eau. Tel est l’objectif du programme de l’Union Européenne dont Jean-Claude Gascard est le coordinateur scientifique.
Damocles regroupe plus de cent scientifiques spécialistes de l’Océan Arctique. À bord de Tara, ces scientifiques réalisent des mesures dans l’océan, la glace et l’atmosphère et testent des prototypes capables de transmettre des données en surface, mais aussi sous la glace. Quinze scientifiques de sept nationalités différentes sont venus participer à la relève en avril 2007 de l’équipe de huit personnes qui a hiverné à bord de Tara depuis le mois de septembre 2006. Dix personnes (8 hommes et 2 femmes) chargées des mesures de routine ont pris le relais jusqu’à la prochaine relève à la fin du mois de septembre.

Après un an de dérive, force est de constater que Tara a tenu. « Au cours des épisodes de compression, on pouvait sentir la force de la glace. Elle comprimait et faisait vibrer la structure du bateau à chaque mouvement, raconte Grant Redvers, le chef d’expédition. On a inspecté régulièrement la partie du bordé du bateau et les soudures, à l’intérieur comme à l’extérieur, et rien n’indique que la coque ait été fissurée ou percée. »


Au carrefour de la science, de la technologie, de la pédagogie et de la communication, Tara Arctic est une grande aventure humaine qui a la volonté de sensibiliser les citoyens de la planète sur l’importance des équilibres écologiques.

Pour Etienne Bourgois, directeur général de l’entreprise de mode agnèsb., l’engagement de son entreprise dans une telle expédition s’explique parce que « chaque individu, chaque entreprise, chaque responsable doit agir à son échelle en matière d’environnement. »
Pour l’après dérive l’équipe de Tara étudie actuellement différents projets. La première étape sera sans doute de créer une fondation Tara dans les mois à venir.

www.taraexpeditions.org/fr/index.php?id_page=1 (external - login to view)

The director's blog:
vienne.bruno.free.fr/blog/?cat=5&paged=4 (external - login to view)